Chiot qui mordille et saute : pourquoi et que faire ?
Votre chiot mordille vos mains, vos vêtements ou vos pieds ? Il saute sur vous, les enfants ou vos invités ?
Ces comportements sont très fréquents chez le chiot. Ils ne sont pas forcément liés à de la « désobéissance » ou à une volonté de prendre le dessus.
Ils peuvent notamment être une façon d'exprimer une émotion forte : excitation, frustration, fatigue, envie d'interagir ou difficulté à gérer une situation trop stimulante.
L'objectif n'est donc pas simplement de supprimer le comportement, mais d'aider le chiot à gérer ce qu'il ressent et à trouver une réponse plus adaptée.
Une émotion ne se supprime pas, elle se gère
On ne peut pas simplement demander à quelqu'un :
« Arrête d'avoir peur. »
ou
« Arrête de stresser. »
Cela ne ferait évidemment pas disparaître son émotion.
On peut en revanche lui apprendre des outils pour mieux la gérer : respirer, prendre de la distance, se mettre dans un environnement plus calme...
Pour le chiot, c'est similaire.
Un chiot très excité n'a pas forcément les capacités nécessaires pour se réguler seul. Le mordillement ou le saut peuvent alors devenir une façon d'exprimer ou de décharger cette activation émotionnelle.
Avant de chercher à modifier le comportement, il faut donc s'assurer que le chiot dispose de suffisamment de :
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sommeil et temps de récupération ;
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exploration et olfaction ;
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mastication ;
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activité adaptée à son âge ;
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interactions sociales ;
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moments calmes.
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Répondre aux besoins ne signifie pas laisser le chiot tout faire. Cela permet de le mettre dans de meilleures conditions pour apprendre et gérer ses émotions.
Plus un comportement est répété, plus il peut devenir facile à reproduire
Lorsqu'un chiot est très excité, frustré ou débordé par une émotion, il ne choisit pas forcément consciemment de mordiller ou de sauter.
Son cerveau et son organisme cherchent simplement une réponse à cet état d'activation.
Chaque expérience participe à l'apprentissage. La répétition d'un comportement entraîne des modifications de l'activité et de la connectivité des circuits neuronaux : c'est ce que l'on appelle la plasticité cérébrale.
Pour vulgariser, on peut imaginer le cerveau comme un réseau de chemins.
Au début, un comportement peut être un petit sentier.
Plus il est emprunté, plus il devient facile à retrouver.
À force de répétitions, on pourrait presque parler d'« autoroute comportementale ».
« Je suis très excité → je saute »
peut progressivement devenir une réponse très facile à déclencher dans certaines situations.
Notre objectif est donc de limiter autant que possible les répétitions du comportement que nous ne souhaitons pas voir s'installer, tout en multipliant les occasions de pratiquer une réponse plus adaptée.
« Je suis très excité → je prends ma mastication. »
« Quelqu'un arrive → je garde mes quatre pattes au sol. »
C'est pourquoi l'anticipation est essentielle.
Mon chiot mordille : que faire ?
Le chiot utilise naturellement sa gueule pour explorer, jouer et interagir.
Mais lorsque le mordillement augmente avec l'excitation ou la fatigue, il est important d'intervenir avant que le chiot ne soit complètement débordé.
Dès que vous sentez ces dents
Si le mordillement survient pendant un jeu ou un câlin :
on cesse le contact.
Puis on propose une véritable activité de décharge :
mastication, jouet, tapis de léchage, recherche alimentaire, gamelle distributrice...
La valeur de l'activité doit être adaptée au niveau d'excitation.
Un chiot légèrement excité pourra parfois se satisfaire d'un jouet. Un chiot très stimulé aura peut-être besoin d'une activité plus intéressante, comme une mastication.
L'objectif n'est pas seulement de dire « non ».
On lui apprend également quoi faire à la place.
Et si mon chiot continue à mordiller ?
Si le chiot n'arrive plus à redescendre malgré les premières adaptations, on peut temporairement retirer l'accès au stimulus qui entretient l'excitation.
Par exemple :
chiot qui mordille → l'humain quitte la pièce.
Ou, selon la situation, le chiot est temporairement séparé de l'humain ou du contexte excitant.
L'idéal est de lui proposer un espace sécurisé avec un support de décharge : mastication, jouet ou activité alimentaire.
Quelques secondes peuvent parfois suffire.
Lorsque le niveau d'excitation est redescendu, l'interaction peut reprendre.
Il ne s'agit pas de l'isoler longtemps ni de lui faire peur.
On utilise ici une punition négative, au sens de l'analyse comportementale : on retire momentanément l'accès à quelque chose que le chien souhaite obtenir.
Mon chiot saute : pourquoi ?
Le saut apparaît très souvent dans les mêmes moments où l'excitation augmente :
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arrivée des humains ;
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retour du propriétaire ;
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arrivée des invités ;
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enfants qui courent ou jouent ;
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départ en promenade ;
-
préparation d'une activité ;
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retrouvailles avec une personne ou un chien.
Le chiot n'a pas forcément « décidé » de sauter.
Il peut simplement être tellement stimulé qu'il n'arrive plus à rester au sol.
L'objectif va donc être d'anticiper ces moments plutôt que d'attendre que le chiot soit déjà en pleine excitation.
Comment anticiper les sauts ?
Si vous savez que votre chiot saute lorsque quelqu'un arrive, préparez une activité avant l'arrivée :
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mastication ;
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tapis de léchage ;
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recherche alimentaire ;
-
gamelle distributrice ;
-
jouet adapté.
L'idée est de créer progressivement une autre réponse :
« Une personne arrive → je vais chercher mon activité. »
plutôt que :
« Une personne arrive → je saute dessus. »
Plus on permet au chiot de répéter la première réponse, plus celle-ci pourra devenir facile à reproduire dans cette situation.
Avec les enfants : on sécurise et on anticipe
Les enfants qui courent, crient ou jouent représentent souvent un stimulus particulièrement intense.
Il est donc préférable de ne pas attendre que le chiot saute ou mordille.
Pendant que les enfants jouent, le chiot peut être installé dans un espace sécurisé, sans accès direct aux enfants, avec une activité de décharge :
mastication, recherche alimentaire, gamelle distributrice, jouet adapté...
Des jeux existent pour apprendre progressivement, en présence d'enfants, à observer une situation excitante sans être obligé d'y participer.
Et si le chiot saute malgré tout ?
Comme pour le mordillement, si le chiot est trop excité pour redescendre, il peut être nécessaire de retirer temporairement l'accès au stimulus.
Par exemple, si l'arrivée d'un invité déclenche une excitation trop importante, l'humain peut sortir quelques instants de la pièce.
Le chiot peut alors rester dans un espace sécurisé avec une activité de décharge adaptée.
Lorsque son niveau d'excitation redescend, l'humain revient.
L'objectif n'est pas de punir le chiot parce qu'il est heureux de voir quelqu'un.
On lui permet simplement de retrouver suffisamment de calme pour pouvoir apprendre.
Et le contre-conditionnement ?
Il existe également un autre outil utilisé en comportement : le contre-conditionnement.
Il consiste à modifier progressivement l'association émotionnelle qu'un chien a avec un stimulus afin de faire émerger une réponse émotionnelle différente.
On ne cherche donc pas uniquement à obtenir un autre comportement : on travaille directement sur l'émotion associée à la situation.
Le contre-conditionnement demande cependant de respecter certains paramètres, notamment l'intensité du stimulus et le niveau d'émotion du chien.
Il peut être particulièrement intéressant dans certaines situations et doit être adapté individuellement au chien.
C'est un travail que je peux vous accompagner à mettre en place lors d'une séance personnalisée.
Comprendre avant de corriger
Un chiot qui mordille ou qui saute n'a pas forcément besoin de « plus d'autorité ».
Il a souvent besoin que l'on s'intéresse à ce qui se passe avant le comportement :
Ses besoins sont-ils suffisamment satisfaits ?
Est-il fatigué ou au contraire surstimulé ?
Dans quelles situations mordille-t-il ou saute-t-il ?
Peut-on anticiper ces moments ?
Quelle activité peut lui permettre de se décharger ?
Quelle réponse peut-on lui apprendre à la place ?
L'objectif n'est pas d'empêcher le chiot de ressentir des émotions.
C'est de lui apprendre progressivement quoi faire avec ce qu'il ressent.
Et si malgré ces adaptations le mordillement ou les sauts restent très fréquents, intenses ou difficiles à gérer, un accompagnement permet de rechercher ce qui se joue réellement derrière le comportement.
Besoin d'aide avec votre chiot ?
Chez En'Vie Canine, je vous accompagne pour mieux comprendre votre chiot, identifier les situations qui le mettent en difficulté et mettre en place des outils adaptés à votre quotidien, dans le respect de ses besoins et de son bien-être.
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Pour aller plus loin
Vieira de Castro et al. (2020) — Does training method matter? Evidence for the negative impact of aversive-based methods on companion dog welfare, PLOS ONE.
American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) — recommandations sur l'éducation canine et les méthodes basées sur la récompense.
Ces références soutiennent notamment l'utilisation de méthodes basées sur la récompense, la gestion de l'environnement et la prévention, et déconseillent les méthodes reposant sur la peur, la douleur ou l'intimidation.
À retenir : le mordillement et les sauts sont des comportements. Mais ils nous donnent aussi des informations sur l'état du chiot. Avant de chercher uniquement à les faire disparaître, cherchons à comprendre ce qui les déclenche, ce que vit le chiot et ce dont il a besoin pour réussir autrement.
